Vendredi 27 février 2009
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Episode 2 : mon exégèse du slogan LKP "la Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo".
Tout d'abord, il faut que je dise combien j'ai été ulcérée de lire ça et là sur le net des commentaires relatifs à ce sloggan, y voyant des vélléités
d'indépendantisme et des relents de racisme.
Je me suis dit, que vraimment, il ne nous reste plus rien, s'il n'est même pas permis aux antillais guadeloupéens de dire que la Guadeloupe "sé tan nou" !!
Quand je suis en Métropole, on me fait sentir (gentiment pour certains, mais tout de même) que je ne suis pas sous mon cocotier natal. Ok. J'ai bien intégrée que j'aurais beau vivre toute ma life
en Alsace, y faire des enfants et y mourir : ça ne ferait pas de moi une alsacienne. Ca ne me dérange pas tant que ça car je sais d'où je viens et j'appartiendrai toujours à la terre de
Guadeloupe. Je n'ai pas besoin qu'un alsacien me dise que l'Alsace ce n'est pas chez moi (dans le sens de l'appartenance à la terre et à sa population traditionnelle), je le sais bien puisque
j'ai conscience que chez moi c'est en Guadeloupe !!
Je ressens dans ma chair le besoin d'y retourner, pas seulement pour retrouver les miens, mais pour être chez moi, sur la terre qui m'a vu naître, où sont enterrés mes ancêtres et où je serai moi
même enterrée le jour venu (si Dieu veut), dans le paysage dont je fais partie intégrante.
A l'intérieur de la République, du fait de l'histoire, il y a des peuples régionaux qui le revendiquent : le peuple corse, le peuple alsacien, le peuple breton... Ils sont fiers de leur
appartenance, et ça ne me dérange pas tant qu'ils ont envie de faire partie avec moi et tous les autres, de la nation française. Ca n'empêche pas qu'un étranger au peuple alsacien puisse faire sa
vie en Alsace; de même, maints métropolitains font leur vie en Guadeloupe.
"Sépa ta yo", si yo désigne les profitteurs de tout bord, ouais je suis d'accord ! parce que ces profitteurs s'en foutent royalement du devenir des guadeloupéens, leur seule préoccupation c'est
de s'en mettre plein les poches, quitte à saboter le paysage en le saturant de centres commerciaux, en bourrant les cultures de chlordécones pour cultiver une banane qu'on sait non compétitive du
fait du coût de la main d'oeuvre et de la fréquence des phénomènes cycloniques dans la région (mais pourquoi se priver de la pompe à subvention ??).
En effet, pourquoi chercher des solutions économiques plus perennes et profitables pour l'ensemble de la population quand on peut s'en mettre un max dans la poche sans trop faire d'effort. De
toute façon, nos amis profitteurs s'en foutent de polluer les sols vu qu'ils auront toujours les moyens de se nourrir de produits venant d'ailleurs et donc non contaminés par les substances
qu'ils ont eux mêmes répandus sur la terre.
Les profitteurs s'en foutent de l'histoire des nègres, de leur culture, de leurs valeurs et de leur traditions. En revanche, ils savent très bien exploiter les failles et les fêlures des
guadeloupéens dûes à leur histoire, ils sont en cela aidés par les élus que se sont donnés les guadeloupéens. S'il y a pwofitasyon, c'est surement avec la complicité (aveugle ? ignorante ?
délibérée ?) des élus locaux et nationaux. En effet, les profitteurs sont des puissants qui ont accès à l'oreille de ceux qui gouvernent et font les lois, les profitteurs ont les moyens de faire
appels aux services des cabinets de lobbying en Métropole et jusqu'à Bruxelles. Alors quel huluberlu osera dénoncer les situations monopilistiques, les abus de
position dominante, les ententes illicites, l'abus de subsides publics, le non-sens de la culture de la banane ??
Personnellement, je m'en fiche de la couleur des profitteurs, qu'ils soient blancs ne doit pas empêcher de les dénoncer et ceux qui, au nom de la lutte contre le racisme anti-blanc veulent
faire taire les manifestants, se rendent complice des agissements depuis longtemps perpétrés en toute impunité !
ALors je comprends qu'il y en ait qui ne veulent voir de la Guadeloupe que l'aspect "doudouïste" (zouk ,carnaval, ti puch, planteur, soleil, cocotier et plage). Ils sont habitués à ce que les
nègres se la ferment et se contentent de peu (déjà qu'ils crèvent pas de faim comme à Haïti : de quoi se plaignent ils ?). Ca permet de toujours les regarder de haut, un peu comme des enfants
attardés et de faire des commentaires tels que "ce ne sont pas des violents au travail " "avec tout le rhum qu'ils boivent là bas dès le matin", "beaucoup les gens déambulent toute la journée
sans rien faire"... ce sont des commentaires avisés que j'ai eu le plaisir de lire sur Libé.
La Guadeloupe n'appartient pas pas aux profitteurs de tout bord !! c'est maintenant qu'il faut lutter contre eux car si on les laisse faire, quand ils auront tout pollué, tout
défiguré avec leurs constructions en défiscalisation sur d'anciennes terres agricoles, quand ils auront sucé l'os jusqu'à la moelle, si ça se trouve il n'y aura plus de Guadeloupéens de souche en
Guadeloupe ou alors on les aura parqués dans une réserve à Désirade et les deux îles principales serviront pour les résidences secondaires des nantis venus d'ailleurs, l'hébergement de touriste
en quête de soleil et de plage et la culture sans fin de la banane abreuvée de subvention européenne. A ce moment là les sols seront tellement pollués que les bananes produites seront impropres à
la consommation mais les pouvoirs publics continueront d'arroser ces grands planteurs sous prétexte d'"aider l'outre mer".
Même les métropolitains expat seront incommodés par cette nouvelle Guadeloupe parce que ce qu'ils étaient venus chercher aura disparu, les loyers et la nourrtiure seront tellement chers qu'il ne
sera pas question de dolce vita mais de survie...peut être regretteront ils alors, pour certains, de n'avoir pas soutenus les lrevendications du LKP quand il était encore possible de changer les
choses !
A bon entendeur, salut.